La greffe

AASLD 2018, le point de vue d'un infectiologue


"A l’intérieur de l’AASLD, le débat fait rage dans les couloirs, en l’absence actuelle de recommandations, sur l’utilisation de greffons issus de donneurs VHC+ PCR+, donc infectés, pour contrecarrer le manque de dons d’organes pour des receveurs VHC négatif.
Avec l’utilisation d’une forme de «Prep» anti VHC pour le receveur et un traitement post greffe. Le postulat de base est triple: on manque de plus en plus de greffons issus de patients décédés, l’infection VHC est aisément curable en 8  à 16 semaines de traitement selon les cas, et le nombre de cas d’overdoses aux Etats Unis notamment connaît une augmentation exponentielle ces dernières années avec, de fait, des donneurs VHC+ en proportion croissante. Au premier rang des molécules mises en cause dans ces overdoses, les opioïdes de synthèse dont le fentanyl. L’ampleur de cette crise ( cf supra) est telle que des études font un lien direct avec le recul de l’espérance de vie aux Etats-Unis, un phénomène inédit depuis la seconde guerre mondiale dans un pays développé.
Le «proof of concept» de ces greffes a été démontré par une équipe de Harward Medical School en partant du constat local que sur 262 patients en attente de greffe cardiaque en 2016, seuls 97 avaient trouvé donneurs. Huit candidats à la transplantation cardiaque se sont vus proposer un traitement préventif par glecaprevir/pibrentasvir dont la première dose a été administrée avant la greffe d’un transplant PCR HCV +. Tous étaient négatifs à J7 de la transplantation et l’étude se poursuit avec les huit semaines de traitement. Parallèlement, une équipe de Toronto a adopté un autre schéma de greffe à partir de greffon HCV+ PCR+ dans le cadre d’une transplantation pulmonaire chez neuf patients. Il est précisé que la perfusion ex-vivo du greffon durant 6 heures diminue de plus de 90% la charge virale VHC de l’organe greffé. Tous les patients transplantés virémiques ont été traités par l’association sofosbuvir/velpatasvir 12 semaines avec 100 % de SVR".

novembre 2018

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Le plaidoyer du CHV et de TRT-5 entendu lors de l'AFRAVIH


 
Si vous souhaitez consulter la présentation, c'est ici ;
Si vous souhaitez visionner le discours de clotûre-idées fortes de l'AFRAVIH, c'est ici.
Enfin, si vous souhaitez rejoindre les signataire de l'Appel de Bordeaux, c'est ici.

Sur la question spécifique de la greffe hépatique, vous pouvez prendre contact avec Transhépate, membre du CHV. 

La greffe solidaire entre personnes séropositives


La greffe de foie consiste à remplacer le foie chez un malade dont le foie est en très mauvais état et ne fonctionne plus, par l’intégralité ou plus rarement une partie du foie d’un donneur décédé. La greffe de foie, ou transplantation hépatique (TH) est le traitement de la dernière chance des malades du foie en stade terminal. 

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La greffe solidaire

La greffe solidaire consiste à permettre à des personnes vivant avec le VIH de donner leurs organes à des personnes elles-mêmes porteuse du VIH.

L'Agence  de la Biomédecine a décidé d'inscrire la transplantation entre personne vivant avec le VIH dans son prochain plan quinquénal qui a commencé en 2017. Cela témoigne d'une volonté de cette dernière de faire augmenter le nombre de greffons disponibles en faisant, s'il le faut, bouger les lignes règlementaires. Cette transplantation devrait d'ailleurs être rendue possible à titre dérogatoire, comme cela a été le cas pour les transplantations d'organe VHC et VHB+.

Le CHV s'efforce de mobiliser les différents acteurs institutionnels sur le sujet pour que cette greffe soit rendue possible. Le directeur général de la santé a saisi en 2016 l'ANSM qui a mis en place d'un Comité Scientifique SpécialisteTemporaire (1er semestre 2017).

Pour participer au sondage et donner votre avis sur la greffe solidaire, c'est ici.

Devant un bilan à la fois positif (les progrès de la greffe et des immunosuppresseurs, les nouvelles molécules anti-VHC etc.) et négatif (la pénurie récurrente de greffons, le moins bon taux de survie des co-infectés), les membres du CHV et du TRT-5 veulent soutenir deux idées : la révision du score MELD, qui défavoriserait les co-infectés et la possibilité de pouvoir faire des greffes entre séropositifs, c'est-à-dire pouvoir prélever des organes sur des personnes séropositives décédées (et consentantes avant leur mort) et pouvoir les greffer à d’autres séropositifs ayant besoin d’une greffe (rénale, hépatique..).

Si vous souhaitez connaître les résultats du sondage fin 2016, c'est ici.

La greffe de foie liée aux hépatites

La multiplication du virus de l’hépatite C (VHC) ou B (VHB) dans le foie provoque peu à peu une fibrose (le foie devient de plus en plus dur), qui en s’aggravant arrive au stade de cirrhose (stade de fibrose avancée où le foie, organe qui épure le sang, n’arrive plus à fonctionner correctement car la circulation sanguine dans le foie est entravée). Une fois la cirrhose installée, deux grandes complications peuvent survenir : la décompensation et/ou le cancer du foie, le carcinome hépatocellulaire (CHC). La cirrhose peut empirer, plus ou moins vite et se décompenser, avec son cortège de complications dues à la mauvaise circulation du sang dans le foie : l’ictère (couleur jaune de la peau), l’ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen), l’hémorragie par rupture des varices œsophagiennes, l’encéphalopathie (confusion mentale transitoire due à l’accumulation de toxines que le foie n’arrive plus à éliminer) etc. C’est à ce stade que la greffe est faite, après le bilan pré-greffe, l’inscription sur une liste d’attente nationale et l’attente d’un greffon disponible. 

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Légitimité des proches dans la décision de don d’organes : étude des représentations professionnelles en Île de France

Afin de faire face à une pénurie toujours plus importante, la législation a changé : le système repose désormais sur le consentement présumé selon des principes d’humanisme et de solidarité. Ainsi, toute personne décédée devient un donneur potentiel (sous réserve de validation des critères médicaux), à moins d’avoir clairement fait connaître sa position de refus par le biais d'un témoignage écrit en précisant les circonstances ou en s’inscrivant sur le registre national des refus de dons d'organes.

L’étude de Raphaëlle DAVID montre qu’à l’heure actuelle (année 2016), le taux de refus de don d’organe est de 33% dont les 2/3 sont attribuables aux proches. Or, si les professionnels de santé et notamment les coordinateurs de prélèvement d’organes et de tissu inscrivent leur activité dans le respect et le prolongement de la loi, il apparaît, dans les faits, qu’il leur est difficile de faire fi de l’accord de la famille et notamment en face d’un refus très marqué de celle-ci. D’où l’importance, pour chacun, de communiquer sur sa volonté de donner ses organes et de connaître le positionnement de ses proches.
 L’agir communicationnel est déterminant dans la décision des proches, bien plus que les considérations scientifiques. Les coordinateurs considèrent en effet qu’il est primordial de convaincre la famille, plus par une approche empathique que par des notions d’ordre médical.  
 

LG

Prélèvement d'organes : le dialogue empathique avec les proches au cœur des bonnes pratiques


L'arrêté relatif aux règles de bonnes pratiques relatives à l'entretien avec les proches dans le cadre d'un prélèvement d'organes et de tissus sur personne décédée est paru ce 25 août 2016 au Journal officiel. Le texte, proposé par l'Agence de la biomédecine (ABM) était très attendu depuis les débats qu'avait suscités la réaffirmation du principe du consentement présumé dans la loi Santé du 26 janvier 2016. Au 1er janvier 2017, selon les nouvelles modalités, « le médecin informe les proches du défunt, préalablement au prélèvement envisagé, de sa nature et de sa finalité (...). Ce prélèvement peut être pratiqué sur une personne majeure dès lors qu'elle n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement, principalement par l'inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet. Ce refus est révocable à tout moment. »

L'arrêté précise à l'adresse des professionnels de santé les finalités de l'entretien avec les proches : informer sur la nature, la finalité et les modalités du prélèvement en cas de non-inscription sur le registre national des refus (PNR), permettre à la coordination hospitalière (CHPOT) de recueillir des informations sur les antécédents médicaux du défunt et les circonstances du décès, et recueillir l'éventuelle expression d'un refus de prélèvement de la part du défunt, de son vivant.

L'arrêté décline ensuite les modalités de préparation (entre le médecin en charge du défunt, l'équipe de CHPOT et autant que possible un membre de l'équipe paramédicale) puis de déroulement de l'entretien avec les proches, en rappelant qu'il est en soi un acte de soin fondé sur des principes éthiques, et qu'il participe de la démarche de deuil. L'accent est mis sur la qualité du cadre relationnel instauré entre équipe et proches, qui doit être un « dialogue empathique et respectueux du vécu »des endeuillés.

L'arrêté propose à titre indicatif une chronologie de l'entretien depuis l'accueil des proches jusqu'à la restitution des corps, en insistant sur la compréhension et acceptation de la réalité du décès, qui doit précéder l'information sur le prélèvement.

Registre national des refus, mais aussi dossier médical

Autre texte attendu, le décret du 11 août explicite les modalités d'expression du refus de prélèvement qui entreront en vigueur au 1er janvier 2017. Outre l'inscription au registre national automatisé – géré par l'ABM – qui est le moyen principal, une personne peut aussi exprimer son refus par écrit et confier à un proche ce document, qui sera déposé dans son dossier médical. Dernière possibilité, un proche d'un défunt peut faire valoir le refus de prélèvement dans un document écrit, inséré dans le dossier médical, mentionnant le contexte et les circonstances de son expression.

Un refus de prélèvement de tout ou partie des organes et tissus est révisable et révocable à tout moment ; l'équipe de coordination hospitalière tient compte de l'expression la plus récente.


Source : Lequotidiendumedecin.fr, août 2016