Hépatite E

La maladie :


L’hépatite E est une maladie du foie provoquée par l’infection par un virus, le virus de l’hépatite E (VHE).
On estime chaque année à 20 millions le nombre d’infections par le virus de l’hépatite E, à plus de 3,3 millions de cas aigus d’hépatite E et à 56 600 le nombre de décès liés à la maladie.
L’hépatite E régresse généralement spontanément mais peut évoluer en hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë).
Le virus de l’hépatite E se transmet par voie fécale-orale, principalement à travers de l’eau contaminée.
L’hépatite E sévit partout dans le monde, mais sa prévalence est la plus élevée en Asie de l’Est et du Sud.
Un vaccin préventif de l’hépatite E a été mis au point et est homologué en Chine, mais il n’est pas encore disponible ailleurs.

L'hépatite E comme Emergente

Transmission
La transmission du VHE se fait principalement de façon indirecte, en buvant de l'eau contaminée par des matières fécales ou plus rarement en mangeant des fruits et légumes contaminés.
La contamination inter-humaine directe est possible mais rare. La transmission par le sang est très rare, mais il y a eu des cas de VHE par transfusion et par hémodialyse (4). La transmission mère-enfant s’effectue par passage transplacentaire pendant la phase aiguë de l’hépatite chez la mère, surtout au 3ème trimestre. Elle conduit soit à une infection bénigne du fœtus (ictère régressant en 3 semaines), soit à sa mort in utero avec nécrose hépatique massive. Les données montrent un risque d’hépatite aigue E de 80% pour les nouveaux nés de mères infectées, avec une mortalité de 37% (5).
Une des caractéristiques du VHE est le risque de transmission de l’animal à l’homme. L’existence d’un réservoir animal est connue depuis plus de 10 ans. Des séquences de VHE ont été isolées chez les porcs, les sangliers, les cerfs et les rats et des anticorps anti-VHE ont été mis en évidence dans de nombreuses espèces (singes, poulets, chiens, vaches, moutons et chèvres..).

Hépatite E : dix fois plus d’infections en dix ans

Le virus de l’hépatite E a connu une progression rapide sur le continent européen. En une décennie, le nombre de cas s’est multiplié par dix.

La maladie est silencieuse, mais elle connaît une progression fulgurante. En 10 ans, le nombre de contaminations par l’hépatite E a été décuplé. Le Centre européen pour le contrôle et la prévention des maladies (ECDC) en fait le constat dans sa revue Eurosurveillance.
Depuis 2005, plus de 21 000 cas d’hépatite E ont été rapportés aux autorités sanitaires des Etats membres de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Mais la progression des notifications s’est faite de manière brutale.

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L'hépatite E sur le devant de la scène

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Identifié pour la première fois dans les années 80, le virus de l’hépatite E (VHE) a longtemps été le parent pauvre de la recherche en hépatologie. Probable cause – et occasion d’un mea culpa : les experts avaient jusqu’alors sous-estimé sa prévalence et pensaient qu’il était restreint à certaines régions du monde hautement endémiques.

De récentes découvertes ont cependant changé la donne : si les génotypes 1 et 2 du virus ne se transmettent qu’entre êtres humains et uniquement dans des pays en voie de développement, les génotypes 3 et 4 sont en revanche des virus zoonotiques (transmis par l’animal) bien présents dans nos pays industrialisés. En effet, l’homme peut être notamment infecté suite à la consommation de viande de porc, de sanglier ou de cerf pas suffisamment cuite. Sur la base d’analyses de dons de sang, les Drs Katherine Darling et Matthias Cavassini, du Service des maladies infectieuses, ont estimé qu’environ 20% de la population suisse romande avait déjà été infecté par le VHE dans le passé.
La majorité des patients infectés par le VHE ne présente aucun symptôme. Néanmoins, une minorité d’entre eux développe une hépatite aiguë avec jaunisse, dont le VHE est considéré comme la cause la plus commune dans le monde. Si au fil des semaines suivant l’infection, ce virus est en général éliminé par l’organisme, il n’en va pas forcément de même pour le VHE du génotype 3. En effet, ce type de virus, présent dans nos régions, peut causer des atteintes neurologiques sévères. Chez les personnes immunosupprimées, particulièrement chez les patients transplantés, il peut de plus entrainer une hépatite E chronique et évoluer en cirrhose ou en défaillance du greffon hépatique.
Or, comme évoqué plus haut, le fonctionnement et la virologie fondamentale du VHE sont peu connus. De plus, les traitements de l’hépatite E chronique restent insatisfaisants. Le Prof. Darius Moradpour, chef du Service de gastro-entérologie et d’hépatologie, et le Dr Jérôme Gouttenoire, chef du laboratoire d’hépatologie du service, ont décidé d’en faire un cheval de bataille pour les années futures.


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